Chloé Voyer

Étudiante en vedette de février

Superviseur : Ian Gold
Co-superviseur : Geneviève Sauvé
Programme actuel : Maîtrise en sciences (MSc)
Année d’étude : 2
Programme d’études : Santé mentale

Pourquoi avez-vous choisi de venir au Douglas?

Mon lien avec le Douglas remonte à mon enfance, lorsque j’ai participé à l’étude longitudinale sur la cohorte de naissance de la tempête de verglas de 1998 pendant près de 20 ans. Malgré la présence d’un nombre alarmant de bernaches, chaque visite était marquée par le caractère paisible et isolé du Douglas, ce qui allait à l’encontre des idées préconçues que je pouvais avoir sur les soins psychiatriques. Des années plus tard, j’ai officiellement rejoint le Douglas pour suivre ma co-superviseure de maîtrise, Geneviève Sauvé, après avoir travaillé avec elle comme coordonnatrice de recherche à l’Université du Québec à Montréal.

Pendant mes années de pause à travailler dans le secteur public et au sein d’organismes à but non lucratif, j’ai souvent ressenti un découragement face aux ressources limitées et aux surcharges de travail, me donnant peu d’espoir qu’un changement positif pouvait se produire. Cela dit, les initiatives au Douglas étaient un terrain d’innovation qui me rappelait que des solutions novatrices et accessibles sont possibles au sein de notre système de santé. L’esprit collaboratif du Douglas en faisait également l’incubateur parfait pour nourrir ma curiosité académique.

Que faisiez-vous avant de venir au Douglas?

Avant de rejoindre le Douglas, j’ai pris un détour hors du milieu académique — un peu comme une quête annexe —pour acquérir de l’expérience sur le terrain, en travaillant pendant deux ans après mon baccalauréat. Durant cette période, j’ai été coordonnatrice de recherche sous la supervision de Geneviève Sauvé, me permettant de développer les compétences en recherche que je perfectionne aujourd’hui dans le cadre de ma maîtrise.

Avant mes études supérieures, j’ai complété un baccalauréat en psychologie à l’Université McGill, où j’ai développé un intérêt pour la recherche en santé mentale. En tant qu’étudiante, j’ai réalisé un stage d’un an à l’Institut neurologique de Montréal, sous la supervision du Dr Michael Petrides, où j’ai étudié les modèles morphologiques et les cartes de probabilité spatiale de la surface du sillon frontal supérieur dans le cerveau humain. De plus, j’ai fait du bénévolat comme répondante de crise à la ligne d’écoute du Centre de prévention du suicide de Montréal, une expérience qui m’a confrontée aux réalités brutes des défis en santé mentale, dans un contexte de grande diversité culturelle.

Présentez votre recherche en 3 phrases :

Nous testons une version adaptée de l’intervention Cerveaux@Travail afin d’améliorer la qualité de vie au travail des adultes atteints du TDAH. Initialement conçue pour les personnes vivant avec des troubles mentaux graves (ex. schizophrénie, trouble bipolaire), cette intervention fournit aux participants des stratégies personnalisées pour mieux gérer les défis en milieu de travail. En l’adaptant au TDAH, nous visons à créer une solution accessible, efficace et applicable à divers contextes professionnels.

Qu’est ce qui vous enthousiasme le plus dans votre recherche?

La possibilité de créer quelque chose de utile—une intervention qui ne reste pas simplement dans un cadre académique, mais qui peut réellement faire une différence dans la vie quotidienne des gens. Ce qui rend cela encore plus passionnant, c’est que je suis impliquée à toutes les étapes du processus : du développement de l’intervention jusqu’à sa mise en œuvre, où je peux recueillir des retours directs des utilisateurs. Cette implication de bout en bout me permet non seulement d’obtenir des perspectives précieuses sur l’impact réel de notre travail, mais aussi d’affiner et d’améliorer l’intervention en fonction des expériences vécues.

Si vous pouviez revenir en arrière et donner des conseils à votre « jeune moi », que feriez-vous différemment ?

À quel âge parle-t-on ? Peu importe— je ne me serais probablement pas écoutée de toute façon. Mais si je pouvais, je me dirais de moins m’inquiéter de devoir suivre un parcours académique parfaitement linéaire et d’arrêter de me tourmenter à l’idée de « perdre du temps » —les détours ont aussi leur valeur s’ils permettent d’apprendre quelque chose sur soi-même en cours de route. J’ajouterais aussi de ne pas sous-estimer le pouvoir du réseautage car établir des connexions tôt rend l’expérience académique beaucoup moins intimidante. Ayant passé les deux tiers de mon baccalauréat sous les restrictions de la COVID, je n’avais pas pleinement réalisé à quel point un bon réseau social peut faciliter (ou compliquer) tout ce qui vient ensuite.

Avez vous des conseils pour des étudiants ou stagiaires intéressés à se joindre au Douglas?

Faire de la recherche au Douglas, c’est comme un livre « Choisis ta propre aventure » —sauf qu’au lieu de combattre des dragons ou d’explorer des civilisations perdues, vous naviguez entre les questions de recherche, les collaborations interdisciplinaires et la crise existentielle occasionnelle sur votre avenir. N’ayez pas peur de prendre des détours inattendus—parlez aux chercheurs d’autres laboratoires, impliquez-vous dans des projets hors de votre zone de confort, et profitez des innombrables opportunités qui s’offrent à vous.

Cela dit, il faut apprendre à dire non. Les opportunités au Douglas sont infinies—ce qui est à la fois une bénédiction et une malédiction—mais votre temps et votre énergie ne le sont pas. Savoir être sélectif est une compétence essentielle, non seulement pour préserver votre santé mentale, mais aussi pour rester enthousiaste face à la recherche.

Que vous soyez ici pour approfondir votre expertise ou encore en train de tracer votre chemin (comme moi !), le Douglas offre l’environnement idéal pour explorer, apprendre et façonner votre propre parcours—en espérant que votre aventure ne se terminera pas par « et puis, les bernaches ont attaqué. »