Le 24 septembre 2025
Impact de l’exposition prénatale au delta-9-tétrahydrocannabinol sur le développement du cerveau chez la souris : une étude par imagerie par résonance magnétique du fœtus à l’âge adulte
Lani Cupo et Dr. Mallar Chakravarty ont récemment identifié des altérations distinctes dans des populations spécifiques de cellules cérébrales chez des individus exposés au delta-9-tétrahydrocannabinol (THC) avant la naissance. Leur étude, publiée dans Molecular Psychiatry, utilise l’imagerie longitudinale depuis le stade fœtal jusqu’à l’âge adulte pour révéler comment une exposition précoce au THC perturbe le développement des neurones corticaux.
Voici un aperçu de l’étude.

À retenir
La consommation de cannabis pendant la grossesse pourrait avoir des impacts subtils sur la prise de poids, le développement cérébral et le comportement de l’enfant à naître.
Contexte
La légalisation du cannabis et des produits dérivés a eu un impact sur la façon dont l’usage de ces produits est perçu. Les femmes enceintes, en particulier, considèrent de plus en plus ces produits comme une méthode plus « naturelle » pour gérer l’anxiété, les sautes d’humeur ou les symptômes des nausées matinales, tels que les vomissements. De nombreux professionnels de santé déconseillent la consommation de cannabis pendant la grossesse, mais il n’existe aucune recommandation claire fondée sur des preuves scientifiques qui tienne compte à la fois du bien-être de la mère et de celui de l’enfant à naître.
Méthodes
Notre laboratoire a étudié des souris nées de mères exposées de manière chronique au THC au début de leur grossesse. Le THC est un composé chimique présent dans le cannabis qui provoque un état d’euphorie et qui serait lié à bon nombre des effets bénéfiques attribués à cette substance. À l’aide de techniques d’imagerie par résonance magnétique (IRM) de pointe, nous avons reconstitué le parcours de vie de ces souris, de leur naissance à l’âge adulte. Nous avons également examiné leur comportement après leur naissance afin de déterminer si elles présentaient des troubles anxieux et des comportements sociaux altérés.
Résultats
Tout au long de leur vie, nous avons constaté des changements dans la taille et le poids des souris, le volume de leur cerveau et leur comportement. Les souris qui avaient été exposées au THC étaient plus petites alors qu’elles étaient encore dans l’utérus, ce qui peut avoir des conséquences à vie. Elles avaient également des ventricules plus grands, ces cavités remplies de liquide à l’intérieur du cerveau qui peuvent souvent être utilisées comme indice d’anomalies du développement. Après la naissance, elles ont pris plus de poids, mais leur volume cérébral a augmenté à un rythme plus lent que celui des souris qui n’avaient pas été exposées au cannabis. À l’adolescence et à l’âge adulte, le volume cérébral est revenu à la normale, en particulier chez les souris mâles. Au début de leur vie, les souris exposées au cannabis ont montré des problèmes de comportement social, et les adolescentes, en particulier, ont montré un comportement de type anxieux, là encore, surtout chez les femelles.
Interprétation
Nos expériences suggèrent que la consommation de cannabis pendant la grossesse peut avoir des conséquences à vie pour l’enfant à naître. Ces effets sont quelque peu nuancés, car ils peuvent s’améliorer plus tard dans la vie, et le sexe du bébé peut jouer un rôle important dans la détermination des effets à long terme.
Conclusion
Ces résultats constituent une étape importante dans la compréhension des effets à long terme de la consommation de cannabis pendant la grossesse, mais des recherches supplémentaires sont nécessaires pour comprendre l’impact d’une consommation faible ou occasionnelle de cannabis sur les mêmes résultats. En outre, il est nécessaire de mener davantage d’études sur l’impact du cannabis sur la santé et le bien-être de la mère.
À propos de l’étude
“Impact of prenatal delta-9-tetrahydrocannabinol exposure on mouse brain development: a fetal-to-adulthood magnetic resonance imaging study” par Lani Cupo et Mallar Chakravarty et coll., a été publiée dans la revue Molecular Psychiatry.
