Les Fonds de recherche du Québec soutiennent la recherche au Douglas

Le 30 avril 2026, le Fonds de recherche du Québec (FRQ) a annoncé les résultats de ses demandes de financement. Nous avons le plaisir d’annoncer que de nombreux membres du Centre de recherche Douglas ont été soutenus par le FRQ à travers une bourse Chercheur-boursier, un projet DIALOGUE et des bourses de formation de niveau postdoctoral, doctoral et de maîtrise. Félicitations à tous ceux et celles qui ont reçu un financement du FRQ!


Chercheur-boursier

Yashar Zeighami 

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"Analyse multi-échelle du vieillissement cérébral en santé et dans la maladie de Parkinson: une approche intégrée in vivo et ex vivo"

Avec l'âge, le cerveau change. Chez la plupart des gens, ces changements sont légers et font partie du processus normal de vieillissement, mais chez certains, ils conduisent à des maladies comme la maladie de Parkinson (MP), la deuxième maladie neurodégénérative la plus fréquente. Elle affecte les mouvements, les fonctions cognitives et la qualité de vie. Plus de 11 millions de personnes vivent avec la MP dans le monde, les hommes étant près de deux fois plus touchés que les femmes, avec des symptômes plus graves et une progression plus rapide. Malgré cela, aucun outil ne permet de prédire qui développera la maladie ni à quel rythme elle évoluera. Les traitements actuels soulagent certains symptômes, comme les tremblements, mais ne ralentissent ni n'arrêtent sa progression.

Basée au Centre de recherche Douglas de l'Université McGill, mon équipe a accès à une technologie IRM de pointe et à la plus grande banque de cerveaux au Canada. Grâce à ces ressources, mon programme de recherche vise à transformer notre compréhension de la MP en combinant l'imagerie cérébrale, la génétique, la biologie cellulaire et la modélisation informatique. L'objectif est d'identifier les signes précoces de la maladie, de mieux comprendre les différences entre les sexes, et de progresser vers des traitements ciblant les causes sous-jacentes. La première partie du programme porte sur le vieillissement cérébral. En analysant de vastes ensembles de données d’IRM cérébrales provenant de personnes en bonne santé et de personnes atteintes de la MP, nous allons cartographier le vieillissement cérébral normal chez les hommes et les femmes.

En comparant ces cartes avec celles de cerveaux atteints de la MP, nous pourrons détecter les signes précoces de la maladie et prédire l'évolution des symptômes. La deuxième partie examine les éléments constitutifs du cerveau. Nous étudierons la substance noire, une petite région impliquée dans le contrôle des mouvements et qui est la plus touchée par la MP. Grâce à de nouvelles technologies permettant d’analyser des milliers de cellules individuelles provenant de cerveaux humains, nous identifierons les types de cellules les plus vulnérables, les causes de cette vulnérabilité et les différences entre les hommes et les femmes. Cette approche permettra de mieux comprendre les origines biologiques des différences entre les sexes dans la MP. La troisième partie vise à établir un lien entre les découvertes du laboratoire et les soins cliniques. En reliant les changements microscopiques observés dans les tissus cérébraux aux données d’IRM, nous cherchons à identifier des marqueurs d'imagerie qui reflètent les processus de la maladie. Ces marqueurs pourraient ensuite être utilisés chez des patients pour améliorer le diagnostic, suivre la progression de la maladie et tester de nouveaux traitements.

En résumé, ce programme aborde la MP sous plusieurs angles (cérébral, cellulaire et génétique) dans le but ultime de permettre un diagnostic plus précoce, des traitements plus personnalisés et un avenir meilleur pour les personnes atteintes de cette maladie. Tous les résultats, données et outils seront partagés ouvertement afin que nos découvertes puissent bénéficier à l'ensemble des communautés scientifiques et médicales.

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Soutien aux équipes de recherche / Universitaire – renouvellement

Marie-Claude Geoffroy

"Équipe de recherche en prévention du suicide Papageno"

Nos jeunes grandissent dans un monde marqué par des bouleversements profonds : changements climatiques, instabilité politique, inégalités sociales et transformations rapides des environnements numériques. Ces défis exercent une pression importante sur leur santé mentale et, pour certain·e·s, peuvent mener à des idées ou à des comportements suicidaires.

Au Québec comme ailleurs, la détresse suicidaire des jeunes est en augmentation et appelle une mobilisation scientifique concertée et ambitieuse. C’est dans ce contexte que s’inscrit l’équipe Papageno, composée de 11 chercheur·e·s clinicien·ne·s issu·e·s de 7 institutions réparties à travers le Québec. Notre mission commune est de prévenir le suicide chez les jeunes en alliant excellence scientifique, collaboration intersectorielle et participation active des jeunes et de leurs communautés.

La programmation 2026–2030 est structurée autour de trois axes complémentaires.
Axe 1 – Identifier les trajectoires développementales du continuum suicidaire. Nous visons à identifier les facteurs de risque et de protection qui façonnent les trajectoires menant à la détresse suicidaire tout au long du développement. Pour ce faire, nous mobilisons de grandes cohortes populationnelles québécoises, qui suivent des milliers de jeunes depuis la naissance, afin de repérer des trajectoires à risque telles que l’exposition à la maltraitance ou l’usage problématique des réseaux sociaux, ainsi que des leviers protecteurs comme le soutien parental. Conscients que certaines populations vulnérables sont sous-représentées dans ces cohortes, nous avons également mis sur pied des études complémentaires auprès de jeunes suivis en psychiatrie, ayant fait une tentative ou décédés par suicide, afin d’élargir notre compréhension des trajectoires les plus à risque.
Axe 2 – Évaluer des interventions novatrices en prévention du suicide. Repérer les facteurs de risque est essentiel, mais insuffisant : il faut aussi agir dans les milieux de vie des jeunes. Nous développons et évaluons des interventions diversifiées visant à réduire la détresse suicidaire: programmes artistiques et réflexifs pour réduire l’isolement et la détresse à l’université ; interventions scolaires ciblant les habiletés sociales chez les garçons à risque; approches communautaires adaptées aux réalités régionales en partenariat avec les acteurs locaux ; intégration de stratégies de prévention dans les services jeunesse Aire ouverte à l’échelle provinciale.
Axe 3 – Comprendre les besoins des jeunes et des milieux. Pour transformer les pratiques, les stratégies de prévention doivent être ancrées dans les réalités vécues par les jeunes et leurs milieux. Plusieurs contextes restent toutefois peu documentés, ce qui limite le développement d’interventions adaptées. Cet axe, nouvellement créé, vise à mieux comprendre les besoins, obstacles et leviers d’action dans des milieux et groupes clés — par exemple les jeunes de la diversité de genre, les services d’urgences pédiatriques ou les écoles secondaires — afin d’éclairer le développement futur d’interventions.
Mobilisation des connaissances et formation de la relève. La diffusion des connaissances et la formation de la relève scientifique sont au cœur de l’équipe. Nous partageons nos résultats auprès des décideurs, praticiens, jeunes et familles à travers une variété de canaux : publications scientifiques, résumés vulgarisés, formations, balados, vidéos et collaborations stratégiques. Notre équipe accueille de nombreux étudiant·es, qui participent activement aux projets.

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Projet Dialogue

Bourses étudiantes

Nous avons également le plaisir d’annoncer que plusieurs de nos étudiants et stagiaires ont également été récompensés.

Julia Alcaide Pozo
Bourse postdoctorale

"Maltraitance infantile et neuroplasticité cérébrale chez l'humain: mécanismes moléculaires"

La maltraitance durant l’enfance, qu’elle soit sexuelle, physique, psychologique ou due à la négligence, laisse des traces profondes et durables, augmente fortement le risque de dépression à l’âge adulte et rend les traitements moins efficaces; pour mieux prévenir et soigner, il faut comprendre comment ces expériences perturbent le cerveau en développement. Notre projet se concentre sur une zone clé pour les émotions et la prise de décision, le cortex préfrontal ventromédian (vmPFC), qui, pendant les périodes critiques, courtes fenêtres du développement durant lesquelles le cerveau est particulièrement plastique, de l’enfance et de l’adolescence, réorganise rapidement ses connexions avant de les stabiliser grâce à des structures appelées réseaux périneuronaux (PNN), de fines carapaces, entourant surtout des neurones à parvalbumine (PV) chargés d’inhiber et de synchroniser les circuits.

Des travaux récents de notre équipe montrent que les PNN sont plus nombreux et plus matures dans le vmPFC de personnes ayant vécu des abus dans l’enfance, suggérant un figement prématuré des circuits susceptible d’ancrer des fonctionnements émotionnels défavorables. Notre objectif est de comprendre précisément comment les neurones PV+ et leurs PNN sont modifiés chez les victimes d’abus en analysant des tissus cérébraux post-mortem de la Banque de cerveaux Douglas-Bell, en comparant trois groupes soigneusement caractérisés par autopsie psychologique : adultes décédés par suicide en contexte de dépression avec abus (DS-CA), sans abus (DS) et témoins décédés subitement sans troubles psychiatriques ni abus. Concrètement, nous isolerons au microscope des neurones PV+ avec et sans PNN dans le vmPFC, lirons leur « empreinte moléculaire » par séquençage d’ARN, validerons les gènes clés par imagerie (hybridation in situ fluorescente) et utiliserons des analyses bioinformatiques pour identifier les gènes et réseaux les plus liés aux antécédents d’abus, aux PNN et à la dépression. Nous faisons l’hypothèse que, chez les personnes ayant subi des abus, les neurones PV+ entourés de PNN exprimeront davantage de gènes favorisant la formation de PNN et la stabilisation des synapses, limitant ainsi la plasticité.

À terme, cette première comparaison, chez l’humain, du programme moléculaire de neurones PV+ avec et sans PNN dans le vmPFC pourrait révéler des cibles thérapeutiques pour réouvrir prudemment des fenêtres de plasticité, restaurer des circuits plus sains et éclairer des politiques publiques plus efficaces de prévention de la maltraitance infantile.

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Sierra Codeluppi-Arrowsmith
Bourse postdoctorale

"Caractérisation des noyaux du raphé par la génomique spatiale et étude des changements associés avec la dépression et de la réponse aux antidépresseurs"

Le trouble dépressif majeur (TDM) est un trouble de l’humeur fréquent et potentiellement léthal. Les patients atteints de TDM sont généralement traités avec des antidépresseurs, dont la plupart agissent par le biais de la neurotransmission sérotoninergique. Bien que la sérotonine cérébrale soit produite par les noyaux du raphé, nous connaissons peu cette structure, qui comprend le noyaux dorsal (NDR). Situés le long de la ligne médiane du tronc cérébral, cette région est principalement constituée de neurones sérotoninergiques. En examinant de plus près ces régions, nous allons caractériser les différentes populations neuronales qui produisent la sérotonine et comprendre comment elles sont impactées par le TDM, ainsi que par le traitement des médicaments antidépresseurs tels que les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS). Nous utiliserons la génomique spatiale et la transcriptomique unicellulaire sur des sections des NDR d'individus sains par rapport à ceux atteints de TDM et à ceux ayant des antécédents d'utilisation d'ISRS. En général, la transcriptomique reflète l'activité globale des gènes dans les tissus et avec l'émergence de la génomique spatiale, nous avons maintenant la capacité de maintenir le contexte anatomique de l'activité des gènes d'une cellule donnée dans son microenvironnement. Ce projet sera le premier à effectuer une analyse génomique spatiale des noyaux du raphé humain et à faire un étude transcriptomique unicellulaire sur les changements associés dans cette région avec la dépression et la réponse au traitement antidépresseur. En utilisant des techniques de génomique unicellulaire, nous identifierons quels types de neurones des NDR sont les plus impactés dans le TDM. Grâce aux connaissances que nous acquerrons avec cette étude, nous espérons trouver de nouvelles cibles pour le traitement antidépresseur et mieux comprendre la pathologie de la dépression.

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Elizabeth Cuellar
Bourse de doctorat en recherche

"Modèles intergénérationnels et intégrés de bien-être des jeunes Autochtones"

Les jeunes Autochtones du Canada s'imposent comme des leaders dans la promotion de la santé mentale. Compte tenu des effets historiques des politiques coloniales qui ont perturbé les liens familiaux, une approche autochtone du bien-être, qui tient compte du lien entre la résilience individuelle et collective, est essentielle pour améliorer la vie des personnes Autochtones. La recherche proposée vise à explorer comment les jeunes Autochtones qui participent à des programmes de santé mentale autochtones et occidentaux agissent comme catalyseurs de bien-être, et à identifier les soutiens supplémentaires dont ils ont besoin pour renforcer leur rôle de leaders en santé mentale.

Cette recherche suivra une approche « Two-Eyed Seeing », qui intègre la promotion de la santé autochtone et occidentale, afin d'identifier un cadre de guérison multigénérationnel à l'aide d'une recherche-action participative communautaire. Les jeunes autochtones, les Aînés, les membres de la famille et les prestataires de soins de santé partageront des récits sur la manière dont les parcours de guérison des jeunes autochtones contribuent à la résilience intergénérationnelle dans les communautés autochtones.

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Giuseppe D’Andrea
Bourse de doctorat en recherche

"Cartographie des inégalités liées à la psychose : Comprendre l’influence des facteurs sociaux et environnementaux sur l’émergence et l’évolution de la psychose afin d’améliorer les soins en santé mentale et de réduire les inégalités"

Les troubles psychotiques, tels que la schizophrénie, sont des troubles mentaux graves qui débutent souvent à l’adolescence ou au début de l’âge adulte. Ils peuvent entraîner une invalidité à long terme, une mortalité précoce et des défis majeurs pour les individus, les familles et les communautés. Toutefois, ces troubles n’affectent pas tout le monde de la même manière. Les personnes confrontées à la pauvreté, à la discrimination ou à l’exclusion sociale sont plus susceptibles de développer une psychose et d’en subir des conséquences plus graves. Comprendre pourquoi cela se produit est essentiel pour améliorer les soins et réduire les inégalités en santé.

Cette recherche explore comment des facteurs personnels — tels que le genre, les antécédents migratoires et les adversités vécues durant l’enfance — et des environnements sociaux — comme les conditions de vie et socio-économiques liés au milieu de vie (quartier/ville) ou l’accès aux services — interagissent pour influencer l’apparition et l’évolution de la psychose. En étudiant ces relations complexes, le projet vise à identifier les personnes les plus à risque, leurs trajectoires d’accès aux soins, et les soutiens favorisant un meilleur rétablissement. Le projet comprend quatre études : une revue de littérature des études existantes pour identifier les principaux facteurs de risque sociaux et environnementaux; une analyse de données européennes visant à explorer comment différentes combinaisons de facteurs de risque sont liées aux types de symptômes et aux issues cliniques ; une étude à l’échelle populationnelle utilisant les registres de santé nationaux danois pour examiner comment les facteurs sociaux et environnementaux influencent le développement des troubles psychotiques, l’accès aux soins et le rétablissement à long terme ; et une analyse de données cliniques provenant de cliniques d’intervention précoce pour la psychose au Québec afin de comprendre comment les déterminants sociaux influencent les résultats chez les personnes recevant des soins. Des méthodes innovantes seront utilisées pour mieux saisir comment les facteurs sociaux qui se s’entrecroisent contribuent aux disparités. En combinant des données provenant de différents pays et contextes socio-politiques de services, cette recherche contribuera à concevoir des services de santé mentale plus équitables et adaptés.

L’objectif est d’améliorer le dépistage précoce, d’assurer un accès aux soins rapide et équitable, et de soutenir le rétablissement de toutes les personnes touchées par la psychose — en améliorant ainsi la santé individuelle, la santé des populations et la prestation des services de santé mentale au Canada et ailleurs.

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Juliette Huot
Bourse de maîtrise de recherche

"Caractérisation des profils distincts de déficits de cognition musicale dans les variantes de l'aphasie primaire progressive"

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Ayla Inja
Bourse de maîtrise de recherche

"Comprendre l’association entre l’exposition à la violence conjugale des parents pendant l’enfance et la tentative de suicide à l’adolescence : une étude de cohorte longitudinale sur 14 ans"

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Luke Kernan
Bourse postdoctorale

"Une praxis inclusive de la santé mentale basée sur le mentorat intergénérationnel par les pairs dans les ruches d’art jeunesse"

Ce projet postdoctoral, intitulé « Une praxis inclusive de la santé mentale basée sur le mentorat intergénérationnel par les pairs dans les ruches d’art jeunesse » étudiera comment l’art peut stimuler la pleine conscience chez les jeunes et les aider à surmonter leurs difficultés liées à la santé mentale. Ces ateliers artistiques exploreront et faciliteront le transfert de ressources émotionnelles et de bien-être provenant d’un groupe plus âgé vers un groupe plus jeune, qui pourrait être à risque de psychose ou avoir déjà vécu un épisode psychotique. Pour réaliser ce projet, les chercheurs principaux développeront l’environnement éducatif et les procédures nécessaires pour organiser et animer ces groupes de pairs conformément à ces objectifs psychologiques et communautaires. Ils élaboreront ainsi un plan détaillé pour la création d'une communauté de soutien qui favorise la compréhension des émotions liées à la psychose grâce à l'art.

De plus, cette initiative, combinée à des projets au sein des communautés, peut contribuer à offrir aux jeunes des outils concrets, efficaces et durables pour mieux se comprendre, améliorer leurs relations interpersonnelles et prévenir les épisodes de solitude et les crises psychotiques. Ces processus pourraient permettre de comprendre comment les jeunes construisent leur identité, tout en les soutenant de manière créative et en renforçant les dimensions émotionnelles de leur rétablissement après un épisode psychotique. Ainsi, les chercheurs principaux mettront en place un programme de mentorat national pour les jeunes, qui leur permettra d'être mis en relation avec un mentor s’identifiant comme une personne atteinte de troubles mentaux, ayant vécu une expérience de santé mentale difficile ou en situation d’handicap. Ces relations établies entre pairs seront ensuite renforcées et maintenues pour une année. Ce projet de recherche, axé sur les arts, sera mené en collaboration avec le Réseau de réseaux – Services intégrés pour les jeunes, un regroupement de services pour les jeunes partout au Canada, ainsi que le Collectif pour la santé mentale des jeunes. De plus, SARPEP, un programme pour premiers épisodes psychotiques au Québec, Aire ouverte, un réseau de services pour jeunes au Québec, et le programme d’intervention précoce en psychose (IPP) de Island Health, en Colombie-Britannique, seront aussi collaborateurs. Ce projet permettra également d'obtenir au moins 90 entretiens et 90 œuvres artistiques, constituant ainsi un corpus de données intergénérationnel pour étudier les mécanismes de résilience émotionnelle, la réflexivité et les initiatives de mentorat au sein de ces communautés. Ces données permettront d'élaborer des théories originales qui permettront de mieux comprendre la capacité d'adaptation émotionnelle des personnes touchées par la psychose.

Le chercheur principal publiera ses résultats dans des revues scientifiques, participera à des balados pour présenter le projet et rédigera un rapport présentant les interventions artistiques et les recommandations à destination des partenaires communautaires, municipalités et organismes de soutien psychologique. Le projet postdoctoral culminera avec une exposition d'art communautaire mettant en valeur les œuvres des participants. Le chercheur principal animera également une série de conférences publiques afin de présenter les résultats de son travail de recherche.

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Mélodie Leclerc
Bourse de maîtrise de recherche

"Développement, validation et normalisation d'un outil d'évaluation de la reconnaissance faciale pour le diagnostic différentiel de maladies neurodégénératives"

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Saige Power
Bourse postdoctorale

"Une nouvelle thérapie de remplacement de la dopamine pour la maladie de Parkinson"

La maladie de Parkinson est caractérisée par la perte de neurones dopaminergiques et reste, en ce jour, incurable. Bien que des traitements existent, ils perdent leur efficacité et entraînent des complications qui réduisent considérablement la qualité de vie lorsque la maladie entre dans un stade avancé ou le cerveau est privé de dopamine de manière sévère et prolongée. Il est donc impératif d’empêcher la maladie de progresser.

Ici, nous proposons une nouvelle stratégie de génothérapie visant à remplacer les signaux normalement fournis par la dopamine. En laissant croire au cerveau que la dopamine est toujours présente, nos données préliminaires (Liu et al, 2025 Nat Neurosci) suggèrent que cette stratégie pourrait non seulement empêcher les complications liées à l’usage chronique de thérapies pharmacologiques (tels le Levodopa), mais peut-être même guérir les symptômes causés par la maladie de Parkinson. Nous proposons donc de tester ces deux possibilités chez la souris. Étant donné que les déficits moteurs de Parkinson résultent de la perte de signaux dopaminergiques, nous émettons l'hypothèse que maintenir ces signaux à l’aide de molécules de synthèse de type « dopaminergique » permettrait (a) de prévenir les changements pathologiques qui surviennent lorsque le cerveau est gravement privé de dopamine (objectif 1) et (b) d’empêcher les symptômes moteurs causés par la maladie (objectif 2). Pour ce faire, nous déploierons une approche génothérapique pour introduire le signal dopaminergique de synthèse dans deux modèles pré-cliniques de la maladie de Parkinson chez la souris.

Les travaux proposés décrivent une stratégie entièrement nouvelle qui contourne les limitations des traitements actuels. L'exploration de ce nouveau mécanisme thérapeutique pourrait constituer une puissante stratégie non seulement pour la maladie de Parkinson, mais aussi pour guérir d'autres maladies neurodégénératives.

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Shima Raeesi
Bourse de doctorat en recherche

"Éducation, risque vasculaire et hyperintensités de la substance blanche: étude de la réserve cognitive dans la maladie d’Alzheimer au sein de populations diversifiées."


La maladie d’Alzheimer et les autres formes de démences comptent parmi les problèmes de santé les plus graves,touchent des millions de personnes et imposent un lourd fardeau aux familles et à la société. Un facteur qui semble protéger contre la démence est l’éducation. Les personnes ayant passé plus d’années à l’école restent souvent mentalement plus alertes en vieillissant, un concept appelé « réserve cognitive ».

Toutefois, nous ne comprenons toujours pas comment l’éducation procure cette protection. Une explication probable est son effet sur la santé du cœur et des vaisseaux sanguins. L’éducation peut favoriser un mode de vie plus sain et un meilleur accès aux soins, ce qui réduit des risques comme l’hypertension ou le diabète. Ces facteurs de risque sont liés à de petites lésions dans les connexions du cerveau, appelées hyperintensités de la substance blanche (HSB). Les HSB, visibles sur les images IRM cérébrales, sont très fréquentes chez les personnes âgées et prédisent fortement les problèmes de mémoire et de pensée. Ce projet réunira les données de plus de 6 000 participants ayant pris part à l’une de trois grandes études de recherche en Amérique du Nord. Ces participants incluent des adultes en bonne santé et des personnes présentant des troubles de mémoire ou une maladie d’Alzheimer, et surtout, incluant des personnes de différentes origines raciales et ethniques. Cette diversité nous permettra de mieux comprendre comment le risque de démence varie entre tous ces groupes.

Mes premiers travaux jusqu’à maintenant ont montré que l’éducation réduit l’impact des risques vasculaires sur les dommages cérébraux. En m’appuyant sur ces résultats, j'étudierai trois questions :
(1) Les HSB expliquent-elles comment l’éducation aide à protéger la mémoire et les fonctions cognitives ?
(2) Ces mécanismes sont-ils les mêmes dans différents groupes raciaux et ethniques ?
(3) Pouvons-nous combiner les résultats de plusieurs études afin de construire un modèle plus précis et plus équitable du risque de démence ?

En répondant à ces questions, cette recherche aidera à expliquer pourquoi certaines personnes demeurent résilientes en vieillissant, alors que d’autres développent une démence. Elle mettra également en lumière des moyens concrets de réduire le risque de démence, en renforçant à la fois l’éducation et la santé vasculaire, tout en veillant à ce que les stratégies de prévention soient équitables et adaptées à la diversité de la population canadienne.

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Kelly Rosialda
Bourse de maîtrise de recherche

"Dimensions Parentales, Statut d'Immigration et Comportements Suicidaires: Une Étude au sein d'une Cohorte Québécoise"

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Marjolaine Rivest-Beauregard
Bourse postdoctorale

"Comprendre l'impact de l'invasion de l'Ukraine par la Russie sur les services en santé mentale en Ukraine et le rétablissement de ses utilisateurs : Les équipes de services en santé mentale communautaire."

L'invasion de l'Ukraine par la Russie a de lourdes conséquences sur la santé mentale des populations. En plus des pertes humaines et matérielles, ce conflit a entraîné une hausse importante des besoins en santé psychologique, alors même que de nombreuses infrastructures médicales ont été détruites ou fragilisées. Pour répondre à cette crise, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a mis en place, dès 2020, des équipes communautaires de santé mentale (Community Mental Health Teams, ou CMHT). Ces équipes multidisciplinaires offrent des soins aux Ukrainien.ne.s vivant avec des troubles mentaux sévères. Récemment, ces services ont déjà montré des résultats prometteurs : plus de 90 % des usagers suivis régulièrement présentaient une stabilisation ou une amélioration clinique.

Cependant, nous en savons encore très peu sur la manière dont la guerre a modifié la capacités de ces services à offrir leur soins et sur le processus de rétablissement des usagers. En effet, les bombardements, les déplacements forcés, la perte de proches et la destruction d’hôpitaux peuvent avoir un effet majeur sur le rétablissement des personnes et sur la capacité des services à les soutenir.

Mon projet de recherche postdoctoral vise à combler cette lacune. Je m’intéresse à deux grandes questions :
1) Comment l’exposition à la guerre influence-t-elle la trajectoire de rétablissement des personnes vivant avec une maladie mentale sévère?
2) Comment les équipes de santé mentale ont-elles pu s’adapter pour continuer à offrir des soins dans le contexte de guerre?

Pour y répondre, j’utiliserai une approche mixte. Dans un premier temps, j’analyserai les données de suivi déjà collectées auprès de plus de 1 400 usagers de 14 équipes (CMHT) entre 2020 et 2024. Ces données comprennent des informations sur la santé, la qualité de vie et les caractéristiques sociales des participants, mises en relation avec le niveau d’exposition de leur région aux attaques militaires. Dans un deuxième temps, je mènerai des entrevues et des groupes de discussion avec des usagers et des prestataires de services afin de mieux comprendre, à travers leurs récits, les obstacles rencontrés et les solutions développées en temps de guerre. Les retombées de ce projet seront multiples. Sur le plan scientifique, il permettra de mieux comprendre comment les conflits armés affectent la santé mentale et le fonctionnement des systèmes de soins. Sur le plan pratique, les résultats guideront l’OMS et d’autres organismes humanitaires pour améliorer l’organisation et la continuité des services de santé mentale en contexte de crise.

Enfin, sur le plan social, je développerai, en collaboration avec des usagers et intervenants, des récits numériques et d’autres outils de vulgarisation afin que leurs expériences soient entendues et reconnues, au-delà du monde académique. En somme, ce projet vise à soutenir les personnes vivant avec des troubles mentaux sévères en Ukraine et à renforcer les systèmes de santé face aux urgences humanitaires. Au-delà de l’Ukraine, les résultats de cette recherche offriront des pistes concrètes pour améliorer les services communautaires, préparer nos systèmes de santé aux futures urgences et mieux accompagner les populations vulnérables, ici comme ailleurs.

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Jana Totzek
Bourse de doctorat en recherche

"De la connectivité multimodale du réseau hippocampe-mémoire au résultat fonctionnel: Un modèle neurocognitif de la psychose"

Les hallucinations, avoir l'impression d'être suivi, manquer de sociabilité: tous ces symptômes sont caractéristiques de la psychose. Ce large éventail de symptômes fait de la psychose l'une des expériences les plus invalidantes au monde, avec des taux de chômage élevés et une diminution de leurs relations sociales.

Afin d’améliorer la qualité de vie de ces patients, il est essentiel de comprendre comment ces symptômes contribuent à un tel dysfonctionnement au quotidien. Une chose que nous savons à propos de la psychose, c’est que la mémoire est souvent détériorée chez les personnes touchées, ce qui pourrait entraîner des difficultés dans les interactions sociales, des symptômes plus sévères et plus de perturbations fonctionnelles. De plus, nous savons également qu'il existe une partie du cerveau qui est principalement responsable de la mémoire: l'hippocampe. Situé au milieu du cerveau, la structure de l'hippocampe et son fonctionnement ont été associés à plusieurs aspects de la mémoire. Cependant, l'hippocampe ne fonctionne pas seul, il travaille avec différentes régions du cerveau pour former un réseau de mémoire. Dans le cadre du présent projet, nous cherchons à déterminer si la structure et la fonction du réseau de mémoire dans le cerveau peuvent entraîner des troubles de la mémoire, suivis d'une diminution des capacités sociales (qui dépendent de la mémoire), d'une aggravation des symptômes et d'une détérioration du fonctionnement. Pour répondre à cette question, nous prévoyons recruter 300 personnes atteintes de psychose et 150 témoins pour participer à notre étude.

À trois sites différents (Montréal, Ottawa et Vancouver), nous examinerons leur cerveau, leur mémoire, leurs aptitudes sociales, leurs symptômes et leur fonctionnement, puis nous calculerons la relation entre ces facteurs. Afin de déterminer si le développement de la psychose débute réellement dans le cerveau et détériore ensuite le fonctionnement, nous utiliserons l'apprentissage automatique pour identifier des groupes potentiels de participants et suivre leur évolution au fil du temps.

Ce projet permettra d'identifier le rôle de la structure et du fonctionnement du réseau de mémoire comme piliers du fonctionnement dans la psychose. Les résultats de nos analyses contribueront à l'élaboration de traitements visant à améliorer les taux d'emploi et les relations amicales, et, en fin de compte, la qualité de vie.

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Maria Zimmermann
Bourse de doctorat en recherche

"Étude des modifications de la méthylation de l’ADN spécifiques aux types cellulaires dans le trouble dépressif majeur"

Le trouble dépressif majeur (TDM) est une maladie psychiatrique fréquente et invalidante associée à un risque accru de suicide. Des recherches antérieures ont mis en évidence une composante génétique du TDM, mais cette composante génétique seule ne peut expliquer entièrement le risque de développer un TDM tout au long de notre durée de vie. Les cellules de notre corps contiennent une molécule appelée ADN, qui sert de modèle pour notre code génétique.

De nombreuses modifications chimiques peuvent être apportées à l’ADN et ces modifications peuvent être essentielles à l’explication du risque de développer un TDM, et ce dans une mesure importante. L’une de ces modifications, appelée méthylation de l’ADN, a été montrée comme étant affectée dans le cerveau des personnes atteintes de TDM. Cependant, on ne sait pas exactement quelles cellules cérébrales sont impliquées, ce qui limite notre capacité à pleinement comprendre la pathologie sous-jacente ou à concevoir des traitements. Dans le cadre de ce projet, nous examinerons cette modification chimique de l'ADN dans différents types cellulaires du cerveau de personnes atteintes de TDM par rapport à des personnes en bonne santé mentale. Nous chercherons également à déterminer si les modifications de la méthylation de l'ADN dans des gènes spécifiques sont associées à la capacité de ces gènes à s'exprimer (c'est-à-dire la première étape de la création de protéines) en intégrant nos données avec des travaux publiés précédemment.

Globalement, en étudiant ces modifications chimiques de l’ADN dans différents types cellulaires du cerveau, nous espérons mieux comprendre les caractéristiques moléculaires contribuant au risque de TDM tout au long de notre durée de vie et faciliter le développement de traitements plus ciblés.

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Caetana Dudley
Bourse de maîtrise en recherche

"Identification du rôle des projections de l'ACC et du NAc dans la fatigue motivationnelle chez les souris atteintes d'EAE"

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Geneveave Barbo
Bourse en recherche post-diplôme professionnel en santé 

"Co-création et évaluation de simulations en IA-RV pour des soins de santé mentale équitables et inclusifs destinés aux jeunes et aux jeunes adultes"

Ce projet vise à améliorer les soins de santé mentale destinés aux jeunes au Québec, en mettant particulièrement l’accent sur les jeunes autochtones, racisés, 2SLGBTQIA+, nouveaux arrivants et en situation d’itinérance, qui font face aux plus grands obstacles pour obtenir du soutien.

Le Canada connaît actuellement une crise en santé mentale chez les jeunes : les taux de troubles mentaux chez les 12 à 25 ans continuent d’augmenter, et jusqu’à 80 % des jeunes, en particulier ceux issus de groupes marginalisés, n’ont pas accès à des soins appropriés ou en temps opportun. Aire ouverte, le modèle québécois de services intégrés pour les jeunes, a été créé pour réduire ces barrières en regroupant des services de santé mentale, physique et sociale dans un même lieu accessible. Les infirmières et infirmiers y jouent un rôle central, mais ils manquent souvent de formation spécialisée pour répondre efficacement aux besoins complexes et multiples des jeunes. Pour combler cette lacune, le projet co-concevra et mettra à l’essai des simulations de formation en réalité virtuelle, soutenues par l’intelligence artificielle. Ces simulations recréeront des interactions réelles entre les jeunes et les intervenants, permettant aux infirmières et infirmiers de pratiquer la communication thérapeutique, la prise de décision clinique et le travail d’équipe dans un environnement sécuritaire et expérientiel. Il est essentiel de souligner que ces simulations seront élaborées avec la participation directe des jeunes et des infirmières, afin de refléter les réalités vécues et de favoriser des soins axés sur l’équité et sensibles aux traumatismes.

Une fois les simulations développées, une étude pilote randomisée et contrôlée menée dans plusieurs sites Aire ouverte permettra d’évaluer la faisabilité, l’acceptabilité et l’efficacité de cette approche comparativement à la formation habituelle. En offrant aux infirmières et infirmiers des occasions d’apprentissage plus réactives et pratiques, le projet contribuera à garantir que les jeunes reçoivent des soins plus respectueux, inclusifs et coordonnés. Ce faisant, il a le potentiel d’améliorer la santé individuelle, de renforcer les services destinés aux populations marginalisées et de proposer un modèle évolutif pour transformer l’offre de soins en santé mentale au Québec et au Canada.

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Félicitations à tous!