Des candidats du Douglas reçoivent des bourses de recherche postdoctorale des IRSC

Le 8 avril 2026

Nous avons le plaisir de vous présenter la liste des stagiaires du Centre de recherche Douglas qui ont obtenu une bourse de recherche postdoctorale des IRSC. Le programme des bourses de recherche postdoctorale du Canada (BRPC) vise à reconnaître et à soutenir la prochaine génération d’innovateurs, de travailleurs du savoir, de penseurs créatifs et de chercheurs exceptionnels à un moment charnière de leur carrière. Ce programme offre un financement et une grande souplesse, permettant ainsi aux futurs leaders canadiens et internationaux de l’innovation et de la recherche universitaire de développer les compétences nécessaires pour mener des recherches de calibre mondial et contribuer à la prospérité et à la compétitivité du Canada.


Arabella Bouzigues (Labos Montembeault & Ducharme)

Caractéristiques numériques de la parole et du langage, leur validité interlinguistique et leurs corrélats neuronaux dans la démence frontotemporale

La démence frontotemporale (DFT) est un groupe de maladies du cerveau qui affectent le comportement et le langage en raison de lésions des lobes frontal et temporal. Environ 30 % des cas sont causés par des mutations génétiques héréditaires, ce qui permet aux chercheurs d’étudier des individus avant l’apparition des symptômes. Les troubles du langage, en particulier les difficultés de parole, constituent une caractéristique centrale de la DFT et ont traditionnellement été évalués à l’aide de tests structurés tels que la dénomination d’objets ou la lecture. De nouveaux outils numériques d’analyse de la parole permettent désormais d’enregistrer et d’analyser automatiquement la parole du quotidien, en capturant des caractéristiques subtiles pouvant indiquer des changements très précoces liés à la maladie. Cette étude utilise ces outils pour identifier des marqueurs précoces de la parole chez des personnes atteintes de DFT génétique, y compris chez des individus encore asymptomatiques. Nous examinerons quelles modifications de la parole sont communes à différentes langues et lesquelles sont spécifiques à une langue. Les données vocales sont combinées à des IRM cérébrales et à des évaluations cognitives afin d’identifier les régions cérébrales associées à ces changements et de suivre la progression des atteintes au fil du temps. L’étude inclut des participants multilingues et plus de 700 enregistrements de parole provenant de patients atteints de DFT, de porteurs présymptomatiques de mutations et de personnes en bonne santé. Les participants réalisent trois tâches : réciter les jours de la semaine, décrire une image et parler de récentes vacances. En comparant les groupes, nous visons à détecter des changements précoces de la parole pouvant prédire le profil clinique futur et le déclin cognitif, favorisant ainsi un diagnostic plus précoce et des interventions mieux ciblées pour la DFT.

Axel Constant Pruvost (Labo Palaniyappan)

Intégration du phénotypage numérique et computationnel en psychiatrie de précision

La médecine de précision transforme les soins de santé en proposant des traitements adaptés à la biologie unique de chaque patient à l’aide d’indicateurs mesurables appelés biomarqueurs. Cette approche devrait considérablement améliorer les soins et représenter un marché mondial de plus de 650 milliards de dollars d’ici 2034. Toutefois, en psychiatrie, cette approche présente des limites. Les troubles mentaux ne sont pas uniquement biologiques ; ils sont également influencés par l’expérience vécue, les émotions et l’environnement social. La médecine de précision appliquée à la psychiatrie tend souvent à réduire ces conditions complexes à des facteurs cérébraux, en négligeant une vision plus globale. Pour y remédier, les chercheurs se tournent vers une approche du développement de biomarqueurs appelée phénotypage numérique. Celui‑ci consiste à utiliser des données provenant de téléphones intelligents et d’objets connectés afin de développer des marqueurs « numériques » capables de suivre des signes subtils de la santé mentale, tels que des changements dans le sommeil, les mouvements, la communication ou l’activité sociale. S’appuyant sur cette approche, le projet Causal Dynamic Markers for Precision Psychiatry mène des recherches fondamentales sur une nouvelle catégorie de marqueurs numériques, appelés marqueurs numériques dynamiques causaux (CDDM). À l’aide de méthodes avancées de modélisation computationnelle, les CDDM ne se contentent pas de capturer des données statiques : ils modélisent la manière dont les facteurs biologiques, psychologiques et sociaux interagissent et évoluent dans le temps pour façonner les trajectoires de la maladie.


Saige Power (Labo Tritsch)

Développement d’une nouvelle thérapie de remplacement de la dopamine pour la maladie de Parkinson

La maladie de Parkinson (MP), caractérisée par la perte des neurones dopaminergiques, est incurable. À un stade avancé, les traitements standards actuels perdent leur efficacité thérapeutique et entraînent des complications motrices qui diminuent fortement la qualité de vie. Cette situation survient lorsque le cerveau est sévèrement privé de dopamine. Prévenir ce changement inadapté serait cliniquement puissant pour prolonger la fenêtre thérapeutique des traitements de la MP. Nous proposons une stratégie visant à prévenir ce phénomène en donnant au cerveau l’illusion que la dopamine est toujours présente. À la lumière de travaux récents menés dans notre laboratoire, cette approche pourrait non seulement atténuer les complications motrices aux stades tardifs de la maladie, mais également réduire les déficits moteurs dans leur ensemble, offrant ainsi une nouvelle thérapie pour la MP à tous les stades. Nous proposons ici de tester ces deux hypothèses. Étant donné que les déficits moteurs résultent de dysfonctionnements cérébraux secondaires à la perte de dopamine, nous visons à maintenir une activité cérébrale saine en mimant le signal dopaminergique. Nous émettons l’hypothèse que l’introduction de récepteurs modifiés produisant un signal « de type dopamine » permettra (objectif 1) de prévenir les changements inadaptés liés à une privation sévère de dopamine et (objectif 2) de protéger contre les complications motrices et les troubles du mouvement. Une thérapie génique sera utilisée pour introduire ces récepteurs de remplacement dans deux modèles murins précliniques de la MP et en évaluer l’efficacité sur les dysfonctionnements de l’activité cérébrale et les déficits moteurs. Ce projet vise à identifier une stratégie thérapeutique entièrement nouvelle pour la MP, en contournant les limites des traitements actuels axés sur l’apport de dopamine, et pourrait aussi s’appliquer à d’autres maladies neurodégénératives.

Tiana Wei (Labo Palaniyappan Lab)

Les rythmes cérébraux à l’origine de la parole désorganisée dans la schizophrénie

La schizophrénie touche environ 300 000 Canadiens, et jusqu’à 80 % d’entre eux présentent un trouble de la pensée, un symptôme pouvant rendre la parole désorganisée, imprécise ou difficile à suivre. Ces difficultés de communication perturbent les relations, le fonctionnement quotidien et le rétablissement, alors qu’il n’existe actuellement aucun outil fiable pour les mesurer ou orienter les traitements. Les progrès récents en analyse informatique du langage, connus sous le nom de traitement du langage naturel (TLN), permettent désormais de détecter des changements subtils dans la parole et offrent un moyen puissant de suivre les troubles de la pensée. Ce que nous ne savons pas encore, c’est ce qui se passe dans le cerveau pour provoquer ces altérations du langage. Le fonctionnement cérébral repose sur une activité rythmique appelée oscillations neuronales. Les oscillations bêta, en particulier, aident à maintenir le contexte et à éviter de s’éloigner du sujet lors de la parole. Lorsque l’activité bêta est perturbée, les personnes peuvent perdre leur fil conversationnel. Ce projet mesurera l’activité cérébrale chez des personnes avec et sans schizophrénie à l’aide de la magnétoencéphalographie (MEG), une technique d’imagerie cérébrale non invasive, pendant l’écoute et la production de la parole. Nous enregistrerons également des conversations naturelles et les analyserons à l’aide d’outils de TLN. Nous nous attendons à observer que les altérations des oscillations bêta sont associées à des symptômes langagiers plus sévères. Comprendre les bases cérébrales du trouble de la pensée ouvrira la voie à de nouveaux traitements, notamment des approches de stimulation cérébrale visant à rétablir des oscillations saines. Cette recherche améliorera la qualité de vie des personnes concernées, allégera le fardeau des familles et aidera le système de santé à offrir des soins plus efficaces et centrés sur les symptômes.


Félicitations aux récipiendaires de ce prestigieux prix !