De meilleurs soins et services en santé mentale au RUIS McGill basés sur l’adoption des mesures et de nouvelles technologies

Contexte :

Les soins basés sur des mesures psychométriques traditionnelles utilisent des auto-évaluations remplies par les patients ainsi que des évaluations structurées des cliniciens pour détecter ou mesurer la gravité des symptômes psychiatriques. Cette approche facilite l’amélioration du traitement clinique à plusieurs niveaux (ex : détecter le besoin d’une évaluation diagnostique complète ou d’un risque accru de suicide, augmenter la détection des troubles en soins primaires et spécialisés, éclairer le choix du traitement, identifier les facteurs qui influencent le besoin de traitement, augmenter la rapidité et l’efficacité des traitements, déterminer l’amélioration de la condition du patient ou son absence, identifier de manière précoce les rechutes). En plus, un nombre croissant de nouvelles mesures et technologies est disponible et validé (ex : des applications mobiles pour mesurer l’humeur et le niveau d’activité physique, des dispositifs mobiles pour mesurer le sommeil). Celles-ci peuvent également être combinées et s’avérer efficaces dans le cadre d’une thérapie et de l’autogestion (ex : des applications mobiles pour l’auto-évaluation et la prévention du suicide ont été efficaces parmi des populations autochtones ayant un accès limité aux services psychiatriques traditionnels en Australie). Au niveau organisationnel, des informations systématiques sur le profil du patient, la gravité des symptômes et les besoins de traitement aident à optimiser les ressources et à améliorer la qualité des services. En augmentant la participation des patients et en utilisant l’autogestion comme outil complémentaire dans les troubles chroniques, on peut améliorer l’observance du patient et optimiser les ressources pour assurer un traitement rapide et avoir de meilleurs résultats. L’utilisation de méga-données pour des prévisions individuelles et d’une interface intelligente qui guide la prise de décision clinique aide aussi à identifier les patients qui présentent le risque le plus élevé et à optimiser les traitements.

Bien qu’il existe des échelles appropriées, des guides de traitement, des outils technologiques et un intérêt envers leur emploi en format numérique, ces outils ne sont pas systématiquement utilisés et peu de psychiatres les intègrent de manière optimale dans le cadre de leur travail clinique. Les principaux obstacles à leur utilisation comprennent la carence de personnel pour faire les évaluations, le manque de support technologique nécessaire pour pouvoir compléter des enquêtes et présenter les résultats au personnel dans les milieux de pratique ainsi que l’inadaptation des outils aux contextes socio-culturels spécifiques. De plus, l’utilité de l’auto-évaluation et de la surveillance à domicile est limitée du à la nécessité de transmettre les informations au clinicien. Les lacunes technologiques et l’importance de la sécurité des données empêchent également la notation automatique des échelles en temps réel. Le format numérique est nécessaire pour toute application utilisant des méga-données et l’interface intelligente de l’usager. Pour accroître l’emploi de ces échelles et de ces outils, il est nécessaire d’utiliser les auto-évaluations et les mesures physiologiques ainsi qu’une infrastructure qui permet de collecter des données sécurisées et de présenter les résultats aux patients et soignants en temps réel. Notre projet clinique vise à réunir ces différents éléments techniques et culturels.

Objectifs principaux:

  1. Établir des critères communs pour l’évaluation systématique des patients atteints de troubles de l’humeur dans les établissements du Réseau Universitaire Intégré de Santé (RUIS) McGill. Mettre en place un recours systématique aux soins basés sur des données probantes dans les services psychiatriques de la région du RUIS McGill (63% de la superficie du Québec).
  2. Explorer et développer de nouvelles options de mesure adaptées aux populations où les aspects linguistiques et culturels remettent en question l’utilisation fiable des enquêtes traditionnelles (ex : chez les communautés autochtones et autres minorités telles que les immigrants ou les personnes ayant des problèmes cognitifs). Les outils incluent des pictogrammes, des échelles analogiques visuelles, des applications mobiles, des mesures physiques objectives telles que l’actiwatch et des tests cognitifs informatisés.                                                            
  3. Mettre en place les outils informatisés et numériques nécessaires pour les cliniques et l’évaluation à distance des patients :
    1. Un logiciel pour sélectionner et présenter les enquêtes ainsi que pour collecter, enregistrer, traiter et analyser les données.
    2. Une interface pour l’analyse et la présentation des mesures au personnel soignant (médecin, thérapeute, psychologue, etc.) en temps réel.
    3. Une base de données clinique pour le travail administratif (pour faciliter le ciblage des ressources, planifier les traitements de groupe, évaluer l’efficacité du traitement, identifier les patients les plus à risque de suicide ou la résistance au traitement, estimer la qualité et l’efficacité des traitements, détecter les besoins de formation).
    4. Une interface intelligente qui permet aux cliniciens d’accéder aux questionnaires, examens de laboratoire et autres (telles que l’imagerie cérébrale, les prescriptions médicales), de prendre des notes dans le dossier médical et qui associe des ressources externes pour faciliter la prise de décision clinique.
    5. Un portail pour le patient adapté aux auto-évaluations, à la surveillance à domicile, à la psychoéducation et à l’autogestion
    6. L’analyse des méga-données pour valider les mesures, détecter les groupes cibles optimaux pour chaque mesure et créer des modèles de prédiction pouvant éclairer un traitement personnalisé.
  4. Évaluer la faisabilité, la validité et l’utilité clinique des mesures : Mettre en place l’évaluation systématique des patients dans les consultations psychiatriques et les traitements dans les différents établissements du RUIS McGill du Québec, évaluer ses résultats et l’améliorer au besoin. Pour ce faire, nous utilisons des méthodes qualitatives et quantitatives. Idéalement, les mesures et la logistique de mesure doivent être acceptées par les patients et le personnel, se montrer utiles pour la prise de décision clinique et à des fins administratives ainsi que répondre aux critères de validité scientifique. Enfin, nous souhaitons évaluer de manière critique l’objectif d’efficacité et d’amélioration de la qualité du traitement psychiatrique.

Équipe :

Directrice scientifique : Outi Linnaranta (Mantere), Psychiatre, Professeure adjointe Université McGill; Chercheuse, Centre de recherche Douglas

Chargée de projet : Liliana Gomez Cardona, PhD

 

Ce projet clinique est soutenu par le RUIS McGill.

 

 

Renseignements :

Liliana Gomez Cardona :
Tél. : 514761-6131 poste 4617  
Cell. : 438495-4272
liliana.gomezcardona.comtl@ssss.gouv.qc.ca

 

Outi Mantere :
Tél : 514761-6131 poste 4617               
Cell. : 514 569-3806
outi.mantere@mcgill.ca


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